1200+ avis
Faites-vous payer deux fois plus vite
Recouvrement assisté par IA
Connexion
Choisissez votre pays

Échéancier de paiement : modèle et bonnes pratiques entre professionnels

Person
Image

Un client de bonne foi ne peut pas régler sa facture en une fois : l’échéancier de paiement permet de récupérer la créance sans rompre la relation. Quand l’accepter, comment le rédiger pour qu’il vous protège, et un modèle d’accord prêt à adapter.

L’essentiel en 30 secondes

  • Principe : le créancier accepte que la dette soit réglée en plusieurs versements datés, en contrepartie d’un engagement écrit du débiteur.
  • Quand l’accorder : difficulté temporaire, client de bonne foi, relation à préserver, montant significatif.
  • Clauses indispensables : reconnaissance de la dette, calendrier précis, sort des pénalités, déchéance du terme en cas d’impayé.
  • Effet utile : la reconnaissance de dette interrompt la prescription, qui recommence à courir pour 5 ans entre commerçants.
  • Si le juge s’en mêle : il peut lui-même accorder des délais de grâce, jusqu’à deux ans.

Quand proposer, ou accepter, un échéancier de paiement

L’échéancier est une solution de recouvrement amiable. Il convient lorsque quatre conditions sont réunies :

  • La difficulté est temporaire : décalage de trésorerie, client lui-même payé en retard, saisonnalité. Un client dont l’activité s’effondre ne tiendra pas ses échéances.
  • Le débiteur est de bonne foi : il répond, reconnaît la dette et propose lui-même une solution, ou accepte la vôtre.
  • La relation a de la valeur : client récurrent, compte stratégique, perspective de nouvelles commandes.
  • Le montant justifie le suivi : pour une petite facture, deux ou trois versements suffisent.

À l’inverse, refusez ou encadrez strictement l’échéancier si le client a déjà rompu un précédent accord, s’il conteste la dette sans motif précis, ou si des signaux de défaillance apparaissent (retards chez d’autres fournisseurs, incidents de paiement). La surveillance de la solvabilité de vos clients aide à trancher.

Échéancier de paiement : les 5 étapes

Le cadre juridique

Un accord libre, dans le respect des délais légaux

Entre professionnels, l’échéancier accordé après une facture impayée relève de la liberté contractuelle : les parties fixent le nombre de versements et les dates. Il ne doit pas servir à contourner les délais de paiement légaux : un échéancier prévu dès la commande, qui reporterait systématiquement le paiement au-delà de 60 jours, s’exposerait aux sanctions de la DGCCRF.

La reconnaissance de dette

L’accord commence par la reconnaissance, par le débiteur, du montant dû. Elle a deux effets. Elle interrompt la prescription (article 2240 du Code civil) : le délai de cinq ans applicable aux créances commerciales, entre commerçants ou entre commerçants et non-commerçants (article L110-4 du Code de commerce) recommence à courir. Elle rend aussi difficile toute contestation ultérieure de la créance. Entre commerçants, la preuve est libre ; un écrit signé reste la meilleure protection.

Les délais de grâce judiciaires

Si l’affaire va devant le juge, celui-ci peut, compte tenu de la situation du débiteur et des besoins du créancier, reporter ou échelonner le paiement dans la limite de deux ans (article 1343-5 du Code civil). Pendant ce délai, les procédures d’exécution sont suspendues et les pénalités de retard ne courent pas. Un échéancier négocié à l’amiable vous laisse la main sur les conditions.

La déchéance du terme

La clause de déchéance du terme rend exigible la totalité du solde dès qu’une échéance n’est pas payée. Pour qu’elle joue, prévoyez l’envoi d’une mise en demeure préalable restée sans effet pendant un délai précis (par exemple huit jours) : les tribunaux l’exigent en principe, sauf dispense expresse et non équivoque dans le contrat.

Les 8 clauses d’un bon échéancier de paiement

  1. L’identification des parties : raison sociale, SIREN, représentant signataire.
  2. La reconnaissance de dette : liste des factures concernées, montant en principal, en chiffres et en lettres.
  3. Le calendrier : montant et date de chaque versement ; privilégiez des dates fixes et un prélèvement SEPA.
  4. Le sort des pénalités et de l’indemnité de 40 € : réclamées, étalées ou abandonnées sous condition de respect de l’échéancier.
  5. L’imputation des paiements : sur les factures les plus anciennes en premier, pour réduire le risque de prescription et de contestation.
  6. La déchéance du terme : exigibilité de la totalité du solde après une mise en demeure restée sans effet.
  7. Les garanties éventuelles : caution du dirigeant, suspension des livraisons ou paiement comptant des nouvelles commandes pendant l’échéancier.
  8. La date et la signature des deux parties.

Modèle d’accord d’échéancier de paiement

Modèle indicatif, à adapter à votre situation. Pour un montant important ou une situation complexe, faites-le relire par votre conseil.

ACCORD DE PAIEMENT ÉCHELONNÉ

Entre [Raison sociale du créancier], [forme], SIREN [numéro], dont le siège est situé [adresse], représentée par [nom, fonction], ci-après « le Créancier »,

Et [Raison sociale du débiteur], [forme], SIREN [numéro], dont le siège est situé [adresse], représentée par [nom, fonction], ci-après « le Débiteur ».

Article 1 : Reconnaissance de dette. Le Débiteur reconnaît devoir au Créancier la somme de [montant en chiffres] € TTC ([montant en lettres] euros), correspondant aux factures n° [numéros] émises le [dates] et échues le [dates].

Article 2 : Échéancier. Le Débiteur s’engage à régler cette somme en [nombre] versements : [montant] € le [date] ; [montant] € le [date] ; [montant] € le [date]. Les versements sont effectués par [prélèvement SEPA / virement sur le compte IBAN communiqué par le Créancier].

Article 3 : Pénalités et indemnité forfaitaire. Sous réserve du respect intégral du présent échéancier, le Créancier renonce à réclamer les pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement afférentes aux factures visées à l’article 1. [Variante : les pénalités de retard, d’un montant de [montant] €, sont réglées avec la dernière échéance.]

Article 4 : Imputation. Chaque versement s’impute en priorité sur la facture la plus ancienne.

Article 5 : Déchéance du terme. À défaut de paiement d’une seule échéance à sa date, et huit jours après une mise en demeure adressée par lettre recommandée avec avis de réception restée sans effet, la totalité des sommes restant dues deviendra immédiatement exigible, majorée des pénalités de retard et de l’indemnité forfaitaire prévues par la loi, et le Créancier pourra engager toute procédure de recouvrement.

Article 6 : Nouvelles commandes. Pendant la durée de l’échéancier, les nouvelles commandes du Débiteur sont [payables à la commande / soumises à l’accord préalable du Créancier].

Fait à [ville], le [date], en deux exemplaires.

Pour le Créancier : [nom, signature] · Pour le Débiteur : [nom, signature, cachet]

Suivre l’échéancier jusqu’au dernier versement

Un échéancier se perd le plus souvent au troisième ou au quatrième versement, quand plus personne ne le surveille. Trois règles simples évitent la rechute :

  • Rappeler chaque échéance quelques jours avant, comme une facture : un rappel à J−3 suffit le plus souvent.
  • Réagir le jour même d’une échéance manquée : un appel ou un e-mail le lendemain, la mise en demeure prévue au contrat si rien ne vient.
  • Tenir un historique : dates, montants reçus, échanges. En cas de procédure, ce dossier fait la preuve de votre bonne foi et de la défaillance du débiteur.

Avec Payt, le suivi d’échéanciers automatise ces étapes : le client peut proposer ou accepter un échéancier depuis le portail débiteur, chaque échéance est rappelée et rapprochée de son paiement, et une échéance manquée relance le scénario prévu.

Un logiciel de relance client rappelle chaque échéance et réagit dès qu’un versement manque.

Sources

  • Code civil, articles 1343-5 (délais de grâce), 1376 (reconnaissance de dette) et 2240 (interruption de la prescription).
  • Code de commerce, articles L110-3 (preuve entre commerçants), L110-4 (prescription) et L441-10 (délais de paiement).
  • Sénat, proposition de loi visant à réduire les retards de paiement, adoptée le 19 février 2026.

Questions fréquentes : échéancier de paiement

Oui, si l’accord le prévoit. Beaucoup de créanciers y renoncent sous condition de respect de l’échéancier : c’est une incitation efficace. Notez qu’une proposition de loi en cours d’examen prévoit de réputer non écrite toute renonciation aux pénalités de retard ; vérifiez l’état du texte avant de rédiger vos accords.

Oui, dès lors que le débiteur y reconnaît sa dette : la reconnaissance interrompt la prescription (article 2240 du Code civil), qui recommence à courir pour cinq ans entre commerçants.

La loi ne fixe pas de durée pour un accord amiable. En pratique, au-delà de six mois, le risque de défaillance augmente nettement ; les délais de grâce qu’un juge peut accorder sont eux limités à deux ans.

Entre commerçants, la preuve est libre, mais un accord oral est difficile à prouver. Exigez au minimum un e-mail de confirmation du débiteur reprenant le montant et le calendrier, et idéalement un accord signé.

Appliquez la clause de déchéance du terme : mise en demeure, puis exigibilité du solde et procédure de recouvrement, par exemple une injonction de payer. L’accord signé, qui contient la reconnaissance de dette, renforce votre dossier.

L’ouverture d’une sauvegarde ou d’un redressement judiciaire suspend les paiements des dettes antérieures : l’échéancier cesse d’être exécuté et vous devez déclarer votre créance auprès du mandataire judiciaire dans le délai légal.

Image

Par Martin Habfast

Martin est le country manager de Payt en France et contribue activement à la croissance du marché français. Il est le premier point de contact pour nos clients francophones. M

Partager cet article

Lightbox Image
Remove Cookie