1200+ avis
Faites-vous payer deux fois plus vite
Recouvrement assisté par IA
Connexion
Choisissez votre pays

Injonction de payer : la procédure pas à pas pour une facture impayée

Person
Mis à jour le : 25 septembre 2026
Image

L’essentiel en 30 secondes

  • L’injonction de payer est la procédure judiciaire la plus rapide et la moins chère pour recouvrer une créance certaine, liquide et exigible : typiquement une facture non contestée restée impayée après mise en demeure.
  • Elle est non contradictoire : le juge statue sur votre dossier sans audience. D’où son efficacité (quelques semaines) et son exigence : un dossier de preuves impeccable.
  • Coût direct modeste : quelques dizaines d’euros de frais de greffe au tribunal de commerce pour une créance B2B, hors signification par commissaire de justice. Sans avocat obligatoire.
  • Le débiteur dispose d’un mois après signification pour faire opposition ; sans opposition, l’ordonnance devient exécutoire : elle vaut jugement et permet la saisie.
  • Le vrai coût n’est pas le greffe, c’est le flottement : chaque semaine entre l’échec de l’amiable et la saisine dégrade la probabilité de recouvrement. C’est ce délai qu’il faut piloter.

Quand l’injonction de payer est la bonne arme

L’injonction de payer est conçue pour un cas précis : un client qui ne conteste pas devoir, mais ne paie pas. Facture acceptée, prestation livrée, relances et mise en demeure restées lettre morte : c’est le scénario idéal, et il représente l’écrasante majorité des impayés B2B.

Elle n’est pas la bonne arme quand la créance est sérieusement contestée (litige sur la qualité, la quantité, le prix) : le débiteur fera opposition et vous basculerez dans une procédure au fond, en ayant perdu du temps. Elle est inutile quand le débiteur est en procédure collective (sauvegarde, redressement, liquidation) où les poursuites individuelles sont gelées : il faut alors déclarer votre créance dans les délais, un motif de plus pour surveiller la solvabilité de vos clients en continu.

Entre les deux, une zone grise : le débiteur qui invoque un vague litige pour gagner du temps. L’historique des échanges fait alors la différence : un portail où chaque facture, chaque question et chaque réponse sont tracées transforme la « contestation » de dernière minute en manœuvre dilatoire documentée.

Les conditions : créance certaine, liquide, exigible

Trois adjectifs, trois vérifications avant de saisir :

Certaine : son existence n’est pas sérieusement contestable, bon de commande, contrat ou devis signé, bon de livraison ou PV de recette, facture conforme. Liquide : son montant est déterminé, la facture chiffre le principal ; pénalités de retard et indemnité forfaitaire de 40 € s’y ajoutent si vos CGV les prévoient. Exigible : l’échéance est dépassée et, en pratique, une mise en demeure a été adressée, elle n’est pas toujours strictement exigée, mais elle fait courir les intérêts et démontre l’échec de l’amiable au juge.

Le dossier type : contrat/devis signé, facture(s), preuve de livraison ou d’exécution, CGV, relances, mise en demeure avec accusé de réception, décompte des sommes. Une procédure non contradictoire se gagne sur pièces : tout manque se paie par un rejet ou une opposition.

La procédure en 5 étapes

1. Identifier le tribunal compétent. Entre commerçants ou sociétés commerciales : le tribunal de commerce du siège du débiteur (dans certains cas, celui prévu par une clause attributive de vos CGV). Créance civile : le tribunal judiciaire.

2. Remplir la requête. Formulaire Cerfa dédié ou saisine en ligne : les tribunaux de commerce acceptent le dépôt dématérialisé via Infogreffe, et certains outils de recouvrement transmettent directement par API. La requête récapitule les parties, la créance, son fondement et son décompte.

3. Joindre les pièces. L’intégralité du dossier de preuves, numéroté et listé. C’est l’étape qui fait la différence entre une ordonnance en quinze jours et un rejet.

4. Le juge statue sur pièces. Sans audience ni débat. Trois issues : ordonnance portant injonction de payer pour tout ou partie de la somme, rejet (sans recours, mais sans empêcher une assignation classique), ou injonction partielle.

5. Faire signifier l’ordonnance. Vous avez six mois pour la faire signifier au débiteur par commissaire de justice (ex-huissier). La signification ouvre le délai d’opposition d’un mois.

La procédure d’injonction de payer en 5 étapes

De la requête à la signification : les cinq étapes de la procédure.

Combien ça coûte réellement

Poste Ordre de grandeur
Frais de greffe (tribunal de commerce) ~35-40 € par requête
Signification par commissaire de justice ~50-80 € selon le montant
Avocat Non obligatoire
Apposition de la formule exécutoire + exécution Selon actes (une partie est récupérable sur le débiteur)

Pour une créance B2B non contestée, le coût direct total se compte en dizaines, pas en milliers d’euros : sans commune mesure avec la commission d’une société de recouvrement (souvent 10 à 30 % des sommes) ou une procédure au fond. C’est le meilleur rapport coût/efficacité du recouvrement judiciaire, et la raison pour laquelle la simple perspective crédible d’une injonction, annoncée dans la mise en demeure, suffit souvent à déclencher le paiement.

Les délais à anticiper

De la requête à l’ordonnance : généralement quelques semaines selon l’encombrement du tribunal. Puis un mois d’opposition après signification. Sans opposition : demande d’apposition de la formule exécutoire, et l’ordonnance vaut jugement. Bout en bout, un dossier propre aboutit typiquement en deux à trois mois : à comparer aux douze à dix-huit mois d’une procédure au fond.

Le délai que vous contrôlez, en revanche, est en amont : combien de temps s’écoule entre la dernière relance ignorée et le dépôt de la requête ? Dans beaucoup d’entreprises, la réponse est « des mois » : le dossier traîne, les pièces sont dispersées, personne n’ose déclencher. Or la probabilité de recouvrer décroît avec l’ancienneté de la créance : un débiteur qui ne vous paie pas glisse souvent vers l’insolvabilité, et les créanciers les plus rapides sont servis les premiers.

Après l’ordonnance : opposition, signification, exécution

Si le débiteur fait opposition dans le mois : l’affaire revient devant le tribunal en procédure contradictoire classique. Votre dossier de preuves resservira ; l’opposition purement dilatoire expose le débiteur à une condamnation assortie de dommages-intérêts.

Sans opposition : la formule exécutoire apposée, vous détenez un titre équivalent à un jugement. Le commissaire de justice peut alors exécuter : saisie-attribution sur les comptes bancaires (la plus efficace en B2B), saisie des créances du débiteur sur ses propres clients, saisie-vente. Le paiement intervient fréquemment dès la signification de l’ordonnance : beaucoup de débiteurs paient quand la procédure devient réelle.

Du recouvrement amiable au judiciaire sans rupture

Le point faible du dispositif, dans la plupart des organisations, tient en une phrase : l’amiable et le judiciaire vivent dans des mondes séparés. Les relances dans un outil ou une boîte mail, les pièces dans trois dossiers, le contentieux chez un prestataire qui repart de zéro. Résultat : des semaines de flottement et des dossiers incomplets, précisément ce que la procédure sanctionne.

C’est le problème que résout l’intégration du contentieux dans l’outil de recouvrement. Avec SmartCollect, la mise en demeure part en lettre recommandée électronique depuis le même environnement que les relances, le dossier (factures, échanges du portail débiteur, historique complet) se constitue tout seul au fil de l’eau, la requête en injonction de payer se transmet aux tribunaux de commerce par API, et si un commissaire de justice ou une société de recouvrement prend le relais, il reçoit un dossier complet en deux clics. Chez Njoy, ce continuum a réduit de 90 % les dossiers transmis en recouvrement externe : l’escalade crédible et immédiate fait payer avant le tribunal.

FAQ : Injonction de payer

Non, la représentation par avocat n’est pas obligatoire pour déposer la requête, quel que soit le montant. C’est l’un des grands avantages de la procédure pour une entreprise créancière. L’avocat redevient pertinent si le débiteur fait opposition et que l’affaire bascule en procédure contradictoire, ou pour des dossiers complexes (multi-débiteurs, international, garanties).

Elle n’est pas une condition formelle de recevabilité dans tous les cas, mais elle est indispensable en pratique : elle fait courir les intérêts moratoires (article 1344-1 du Code civil), elle démontre au juge l’échec de la voie amiable, et elle déclenche à elle seule le paiement dans une part significative des dossiers. Une mise en demeure par lettre recommandée électronique a la même valeur juridique que le recommandé papier, pour un envoi en quelques minutes.

Aucun : la procédure est ouverte quel que soit le montant de la créance. Le calcul est économique, pas juridique : pour quelques centaines d’euros, les frais de signification et le temps passé se discutent ; au-delà, la question ne se pose pas. Le décompte peut inclure principal, pénalités de retard contractuelles et indemnité forfaitaire de 40 € par facture.

Il dispose d’un mois à compter de la signification pour former opposition, ce qui ramène l’affaire devant le tribunal en débat contradictoire. C’est pourquoi l’injonction se réserve aux créances non sérieusement contestables : face à un vrai litige, mieux vaut le purger d’abord (négociation, échéancier, avoir partiel) ou assigner au fond directement. Un historique d’échanges tracé (le client a reçu la facture, posé zéro question, promis deux fois de payer) désarme la plupart des oppositions dilatoires.

Dans l’Union européenne, une procédure cousine existe : l’injonction de payer européenne, pour les créances transfrontalières non contestées. Hors UE, tout dépend des conventions applicables : le rapport coût/efficacité se dégrade vite. Pour les groupes qui facturent dans plusieurs pays, la prévention (analyse de solvabilité, conditions de paiement adaptées, relances locales dans la langue du client) pèse plus que le contentieux : c’est le sens d’une plateforme de recouvrement multi-pays.

Les deux ne s’opposent pas, ils se séquencent. La société de recouvrement (ou le commissaire de justice en recouvrement amiable) ajoute une pression tierce, contre commission ; l’injonction produit un titre exécutoire, pour quelques dizaines d’euros. Le bon arbitrage dépend du dossier : créance documentée et non contestée → injonction directe ; débiteur injoignable ou dossier fragile → prestataire d’abord. L’essentiel est de décider vite et avec un dossier complet : le pire choix est le flottement.

La prescription commerciale de droit commun est de cinq ans, mais c’est un horizon théorique : en pratique, la recouvrabilité d’une créance s’effondre bien avant, au rythme de la santé financière du débiteur. La règle opérationnelle : mise en demeure au plus tard à J+45, décision amiable/judiciaire au plus tard à J+90. Et une surveillance de solvabilité en continu : être alerté du redressement judiciaire d’un client le jour J, c’est pouvoir déclarer sa créance dans les délais.

Image

Par Martin Habfast

Martin est le country manager de Payt en France et contribue activement à la croissance du marché français. Il est le premier point de contact pour nos clients francophones. M

Partager cet article

Lightbox Image
Remove Cookie